Faire une recherche s'avère aujourd'hui un exercice bien différent de ce qu'il était avant les années 80-90.
En effet, celui qui voulait "faire la recherche" demandée par l'enseignant sans trop faire d'efforts, pouvait se contenter d'ouvrir et de recopier l'article idoine dans un dictionnaire.
Par contre, celui qui voulait réellement approfondir, ne pouvait compter sur internet (alors beaucoup moins présent dans les foyers, écoles ou même médiathèques). Il avait alors à sa disposition: les encyclopédies, les livres dédiés au sujet-objet de la recherche (au CDI), le recours à l'interview (les parents, les connaissances) ou le déplacement dans les lieux potentiellement sources de réponses viables (par exemple le musée de l'imprimerie pour le sujet "naissance de l'imprimerie").
Mais ça, c'était avant.
Avant internet, l'ordinateur domestique quasi généralisé (sur 800 élèves cette année, moins d'une dizaine n'ont pas internet à la maison).
Plus facile me direz-vous ? Oui, et non : cette facilité d'accès à l'information se double d'une difficulté qui ne fera que grandir avec le temps : le tsunami de données.
Car sur internet, on peut "trouver sans avoir à chercher" ! Reste donc l'immense tâche de trier: faire abstraction de ce qui, bien que semblant intéressant, n'est pas pour autant justifié par le sujet, faire table rase des énormités, contre-sens, erreurs qui gangrènent la toile (les sites sont collaboratifs, et donc, pas toujours fiables), se concentrer sur les quelques informations qui répondront réellement à la demande pédagogique.
Pour cela, la première chose est de s'assurer d'avoir bien compris le sujet.
Puis, dans un deuxième temps, répondre à quelques adverbes interrogatifs qui le circonscrivent.
Quoi ? En règle générale, chercher la définition
Qui ? Les personnes ou groupes de personnes concernés directement par le sujet
Où ? Les lieux représentatifs
Quand ? la ou les dates fondamentales (pas plus de 3)
Comment ? Explications simples, claires et limitées de la technique
Pourquoi ? Les origines, les objectifs et les conséquences
Combien ? Dans une moindre mesure ou suivant le sujet
Le passage par le brouillon est primordial.
Puis, pour finaliser le tout, rédiger en intégrant un maximum de données dans un minimum de phrases, c'est à dire être synthétique; tout en restant compréhensible.
Si la consigne pédagogique demande d'approfondir, de spécialiser, alors, un autre niveau d'exigence est requis, et chacun des item nommés ci-dessus doit faire l'objet d'un complément d'informations.
Pour ma part, au collège, j'attends de mes élèves qu'ils ciblent les informations qu'ils seront capables de retenir si possible à vie, avec un minimum de travail de mémorisation (une recherche, c'est à dire un tri bien fait, suscite suffisamment de stimulations neuronales pour ancrer durablement les savoirs simples; surtout doublée de correction et donc de quelques relectures faites à voix haute si possible).
L'essentiel, est d'apprendre à chercher, je devrais dire plus justement, à re-chercher. Cela s'apparente à une véritable enquête, toutes proportions gardées bien sûr.
Connaitre le jour précis de la naissance de Beethoven ne présente pas un intérêt capital pour la culture générale d'une personne. Savoir qu'il sagit d'un compositeur allemand du début du XIXe siècle (et pas seulement un chien star d'Hollywood) n'est déjà pas si mal.......... socle de connaissances qui pourra éventuellement servir de base à une recherche plus poussée pour ceux qui souhaitent devenir acteurs du domaine musicologique (esthète éclairé ou professionnel).